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Il était une fois un roi heureux… Son
univers : la musique, les mots, la poésie,
l’amour et les femmes. Son royaume :
la campagne, les champs et les érables… Toujours
entouré de ses chiens, ses chats et
ses chevaux. Son pays : le Québec !
Il est né le 24 juin 1934 à Montréal,
au cœur du Plateau Mont-Royal. Artiste
précoce, il centre très jeune
sa vie autour d’une guitare reçue
en cadeau. Il a créé Le petit
roi et est devenu le roi heureux du domaine
artistique avec plus d’une trentaine
d’albums, 3 comédies musicales,
3 recueils de chansons, des tonnes de spectacles,
des kilomètres de route en tournée,
de multiples prix, ainsi que des émissions
de télévision comme animateur
et comme chanteur.
Son nom, Jean-Pierre Ferland… d’autres
diront plus familièrement Jean-Pierre.
Il règne sur nous, depuis presque 50
ans, avec ses mots, sa poésie et sa
musique. Sur scène, sur disque, à la
télévision et à la radio,
on reconnaît ses réalisations.
Bientôt, un demi-siècle de mots
et de chansons… et quelques détours
pour y arriver. Il a bifurqué, mais
pour un temps seulement, vers les Hautes Études
Commerciales et est même devenu comptable à la
Société Radio-Canada (1956).
Mais l’univers de la musique et des mots
l’interpelle. Il suit des cours de guitare
avec Stephen Fentock et écrit ses premiers
textes de chansons. Il enregistre ses quatre
premières en février 1958 et
plonge dans cette vie artistique qu’il
fera sienne. Une première vraie rencontre
avec le grand public se matérialise
en 1961 avec son deuxième album, où il
chante Les immortelles et Ton visage.
Sa muse : l’amour ! Il a dit : « Elle
s’appelait Anne-Marie P., ma première
chanson. » Depuis… Marie-Ange la
douce, Lise, Marie-Claire, Ton visage, Quand
on aime on a toujours vingt ans, Une peine
d’amour, Si je savais parler aux femmes,
Une chance qu’on s’a, T’es
belle.
Son inspiration : la Vie !… la sienne,
celle des autres, de ceux qu’il aime,
ceux qui l’intriguent, ceux qu’il
remet en question dans Avant de m’assagir,
Les journalistes, Les enfants que j’aurai,
Mon frère, Mon ami, Maman, ton fils
passe un mauvais moment, Je ne veux pas dormir
ce soir, Chanson pour Félix.
Il cultive, avec la même passion, les différentes facettes du
métier d’artiste : auteur, compositeur, interprète, animateur,
comédien et même producteur. Il promène sa poésie à travers
le monde, tantôt au Québec, tantôt en France, en Belgique,
en Pologne et même au Japon. Ici comme ailleurs, il courtise, charme
et séduit ses plus fidèles auditeurs, spectateurs et admirateurs.
Il fait même son nid quelque temps, voire quelques années, à Paris.
Il y enregistre plusieurs albums d’où ressortent les chansons
Je le sais, Marie-Claire, M’aimeras-tu ou m’aimeras-tu pas, Rue
Sanguinet. Il y présente de nombreux spectacles, notamment à l’Olympia, à Bobino,
est présent dans les festivals et événements les plus
renommés et multiplie les prix et hommages dont le prestigieux Grand
Prix de l’Académie Charles Cros en 1968 et 1977.
Pour le plus grand bonheur des québécois,
Ferland revient au pays en chantant « Je
reviens chez nous ». Il nous avouera
plus tard que cette chanson s’est avérée
encore plus pertinente qu’il ne l’aurait
cru. « J’ai fait les paroles et
la musique dans un hôtel du XVIe arrondissement,
en pensant à Montréal. » Il
revient au pays en pleine gloire et célèbre
l’événement à la
Place des Arts, où il tient l’affiche
trois semaines.
1970, Ferland voit Jaune ! Le chansonnier
s’« électrifie » et
réussit sa mutation dans ce qui deviendra
le premier album concept du Québec.
Il surprend, bouscule et désarme en
donnant naissance à son « Petit
roi ». L’album Jaune devient une œuvre
de référence pour l’industrie
du disque québécois. Le spectacle
du même nom, avec ses bulldozers sur
la scène de la Place des Arts, produit
ce même effet choc auprès du public.
C’est une grande année pour Ferland
!
Puis Jaune fait place à Soleil, qui
lui mérite le Prix du meilleur auteur-compositeur-interprète
au Gala des artistes de 1972. De la boîte à chansons « Les
Bozos » à la Place des Arts, en
passant par les tournées internationales,
le roi est toujours aussi heureux au royaume
des mots, de la poésie, de la musique,
de la scène… de la chanson !
Entre 1970 et l’an 2000, Ferland cultive
sa poésie et réserve pour son
public non seulement des bijoux de chansons,
mais tout un collier de créations. Seul
ou avec d’autres, il crée souvent
l’événement et multiplie
les collaborations : en 1971, en compagnie
de d’autres rois sacrés de la
scène — les Deschamps, Vigneault,
Léveillée et Charlebois — il
crée le spectacle mémorable Une
fois cinq. L’album issu de ce spectacle
leur mérite le Grand Prix de l’Académie
Charles-Cros. En 1976, Ferland se dépasse
lui-même en tenant l’affiche cinq
semaines à la salle Maisonneuve de la
Place des Arts et en entreprenant une énorme
tournée. En 1977, il collabore à nouveau
avec André Perry pour l’album
La pleine lune. Avec le pianiste et chef d’orchestre
Daniel Mercure, il grave à jamais le
fruit de leur complicité créatrice
dans les chansons Le doux billet doux, Y’a
pas deux chansons pareilles et Télégramme à une
folle, lesquelles paraîtront sur deux
albums en 1981 et 1984. Il faut aussi se remémorer
l’alliance fort réussie dans l’émission
estivale Ferland-Nadeau à TVA. Les années
s’accumulent tout comme les réalisations
: disques, spectacles, compositions musicales
et animation pour la télévision.
L’approche du nouveau millénaire
se fait bien sentir dans l’œuvre
de Ferland : l’artiste est toujours aussi
contemporain qu’incontournable. Les albums Écoute
pas ça et L’amour c’est
d’l’ouvrage connaissent un important
succès, autant auprès de la critique
que du public. On le proclame « Grand
Ferland » dans le Journal de Montréal,
on le classe au « panthéon des
chansonniers » dans Le Devoir, on dit
qu’on « l’écoute et
on trippe » dans La Presse.
Ferland, parce qu’il est Ferland, a
toujours fait couler beaucoup d’encre.
Ses différentes productions, ses comédies
musicales et ses événements — GALA,
Yes l’Univers !, Du gramophone au laser — n’ont
pas tous connu un succès critique, mais
n’ont jamais souffert d’indifférence.
C’est la marque des grands !
De 2005 à 2007, il a régné sur de
nombreuses scènes du Québec avec son spectacle
Trois fois Ferland, présenté comme son dernier,
où il survole et partage avec son public les moments
marquants de ses années de production musicale.
Le spectacle 3 FOIS FERLAND couvre trois périodes
résumées par les titres suivants : Ton visage
(décennie 1960), Jaune (années 1970) sur
lequel Jean-Pierre apportera une attention toute particulière
puisque l’album phare de son œuvre célèbrera
son 35e anniversaire et, bien sûr, Écoute
pas ça (les années 1980 à maintenant).
Au terme d'une tournée de près de 150 spectacles
à guichets fermés, auxquels ont assisté
plus de 100 000 spectateurs, Jean-Pierre Ferland a donné
sa dernière représentation le 13 janvier
2007 au Centre Bell avant de prendre sa retraite de la
scène ...
« J’ai creusé une merveilleuse
carrière dans la roche dure.
Avec le temps, l’eau de pluie l’a comblée
: j’irai m’y
baigner très souvent, avec ma femme, mes enfants
et mes petits-enfants en me rappelant de vous.
Je vous remercie beaucoup de m’avoir connu.
»
(Jean-Pierre Ferland)
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